Crédit Lombard : comment fonctionne-t-il, et quand perd-il son intérêt ?
- 23 juin
- 2 min de lecture

Un crédit Lombard est une avance garantie par votre portefeuille de titres : il procure des liquidités sans vendre les actifs ni interrompre leur rendement. Son intérêt repose sur deux conditions : un coût d'emprunt inférieur au rendement attendu du portefeuille, et la déductibilité fiscale des intérêts. Or les intérêts de dettes privées ne se déduisent qu'à hauteur du rendement imposable de la fortune, majoré de 50 000 francs (art. 33 LIFD). Quand les taux montent et que cette déduction se réduit, l'avantage s'efface.
La banque prête contre la valeur de mise en gage de vos titres, le plus souvent une fraction de leur cours. Vous gardez le portefeuille, vous obtenez des fonds, vous différez l'impôt qu'aurait déclenché une vente. Mais le portefeuille reste le gage. S'il baisse, la banque peut exiger un remboursement partiel ou des sûretés supplémentaires — l'appel de marge — au moment précis où vendre est le plus défavorable. La liquidité empruntée a un prix : elle place le patrimoine sous condition.
Deux évolutions érodent cette logique. Les taux d'abord : tant que l'argent était quasi gratuit, l'écart entre le coût du crédit et le rendement du portefeuille restait favorable ; cet écart s'est resserré. La fiscalité ensuite : la déduction des intérêts est déjà plafonnée au rendement de la fortune majoré de 50 000 francs, et la réforme de la valeur locative la restreindra encore dès 2029 — jusqu'à la supprimer pour qui ne perçoit pas de revenu locatif. Les deux ressorts de l'effet de levier — argent bon marché et intérêts déductibles — cèdent en même temps.
Le vrai sujet n'est pas le coût du crédit. C'est sa nature. Tant que la liquidité vient de la dette, le patrimoine dépend d'un tiers : la banque, les marchés, les taux. Quand elle vient du capital lui-même, de ses revenus récurrents, la maîtrise revient à son détenteur. Remplacer la dette par le flux, le levier par le rendement : ce n'est pas un arbitrage de coût, c'est un changement de structure.
Un patrimoine cohérent n'a pas besoin d'effet de levier pour produire ses liquidités. Il les produit lui-même. La dette ne fait que les avancer. Contre un gage. Contre les taux.
Les intérêts d'un crédit Lombard sont-ils déductibles ?
Oui, mais dans une limite : ils ne sont déductibles qu'à concurrence du rendement imposable de votre fortune, plus 50 000 francs (art. 33 LIFD). Dès 2029, la réforme de la valeur locative restreindra encore cette déduction, jusqu'à la supprimer pour les contribuables sans revenu locatif.
Quel est le principal risque d'un crédit Lombard ?
L'appel de marge. Si la valeur de votre portefeuille mis en gage baisse, la banque peut exiger un remboursement ou des garanties supplémentaires — souvent au plus mauvais moment, vous contraignant à vendre quand les cours sont bas.
Crédit Lombard ou vente d'actifs : comment trancher ?
La comparaison se fait sur trois plans : le coût du crédit face au rendement du portefeuille, l'effet fiscal, et le besoin réel de liquidité. Au-delà du calcul, la question est structurelle : une liquidité empruntée, sous condition de marché, ou une liquidité issue des revenus de votre propre capital ?



